Hadopi : le label « PUR » raillé par la blogosphère

Après avoir créé la polémique en affichant clairement son côté répressif, Hadopi se devait de revoir sa communication. Les trois spots TV visionnables ici mettent dorénavant
l’accent sur le soutien apporté à l’offre légale et s’adressent prioritairement aux jeunes. Les clips ont déjà été abondamment
parodiés.

Les réactions sur la blogosphère ne se sont pas fait attendre.

Sur Techcrunch France, le ton est donné : « Pas question de vous faire le détail de l’incongruité de cette loi à notre époque, ni de son obsolescence, ni même de son impossibilité de mise en application », écrit la rédactrice Julia Buchner. Puis, plus loin, d’ironiser sur la campagne de pub à 3 millions d’euros prévue à partir de lundi prochain : « On se vante d’être l’exception culturelle, le pays des Lumières, mais les œuvres du futur présentées me semblent être un teaser de Die Hard frelaté d’un côté et un mauvais clip de Britney Spears de l’autre. Si c’est ça le futur de la
création… »

Le blog de Presse-citron, de son côté, rappelle qu’Hadopi est jugé illégal par l’ONU, pour lequel le fait de couper l’accès Internet bafoue le droit à la liberté d’expression. Dans son bloc-notes hebdo, le rédacteur ironise par ailleurs sur l’incident avec TMG. L’un des serveurs du prestataire technique d’Hadopi, chargé de pister les adresses IP des internautes « voleurs », a été découvert le 16 mai sans surveillance et en libre-accès: « Le rififi entre Hadopi et TMG aura au moins eu le mérite de bien nous faire marrer. Prôner des mesures de sécurisation et confier la surveillance des internautes à une entreprise qui n’est pas capable de sécuriser ses propres données est quand même assez cocasse. » Depuis cet incident, les principaux ayant droits français de la musique et du cinéma (ALPA, SACEM-SDRM, SCPP et SPPF) ont mandaté le cabinet HSC pour évaluer le niveau de fiabilité de la plateforme dédiée à la Haute Autorité…

Il est de bon ton d’insulter ou de railler Hadopi, mais quelle serait l’alternative ? Fred Cavazza, lui, est pour une licence globale. « Pour faire simple disons que la riposte graduée est techniquement trop complexe pour être mise en oeuvre dans de bonnes conditions […] Peut-être serait-il plus simple que les industriels du plastique (CD, DVD…) admettent qu’ils ont perdu la bataille et qu’ils mobilisent leurs forces pour la mise en place d’une licence globale», argue le blogueur.

Une idée qui pourrait plaire à Guillaume Le Bleis. Dans une tribune sur Clubic, le directeur général de Fotolia commence sur une note plutôt favorable à la Haute Autorité : « Que l’on soit pro ou anti Hadopi, force est de constater que cette institution aura au moins eu le mérite de faire prendre conscience que le téléchargement illégal n’est pas sans conséquence sur la création artistique. » Mais c’est pour mieux déplorer l’inégalité de traitement entre les artistes et profesionnels concernés: «Toutes les créations artistiques sont-elles logées à la même enseigne ? Non. […]En effet, l’action menée par la cellule Hadopi depuis plusieurs mois se limite au contrôle du téléchargement illégal de films et de musiques. Les écrits, les photographies et les illustrations ont tout simplement été écartés du champ d’action de l’institution. Il semble que les majors aient plus besoin de protection que les petits photographes qui font pourtant figure d’artisans face à ces puissants mastodontes. »

Quand certains jugent qu’on en fait trop, d’autres déplorent qu’on n’en fasse pas assez…

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1 commentaire(s)

  1. cette loi et les conséquences sont les images et représentant légitime du système dans lequel nous évoluons …

    le désintérêt des français pour la politique et la cité mène forcement à ce genre de dérive …

    défendre les intérêts des industriels au nom de la création artistique …

    il n’y a rien à ajouter !

    Sébastien

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