Candyscovery : de l’idée à la réalisation, sans investissement

Le mois dernier, Thibaud Clément, initiateur du Projet DODEQA et créateur de Candyscovery, expliquait comment lui était venue l’idée de créer un site de vente de confiseries en ligne alors qu’il faisait le tour du monde. Ce mois-ci, il détaille la manière dont il a mis en œuvre cette idée – sans capacité d’investissement !

L’idée de créer Candyscovery avait germé à Hong Kong, au cours du quatrième mois du Projet DODEQA. Il me fallait mettre cette idée en œuvre au plus vite afin d’être en mesure de proposer des bonbons à la vente dès le mois de mars, depuis la Thaïlande, puis à chaque nouvelle étape du voyage.

Avant toute chose, ce projet devait avoir un nom : Candyscovery a été retenu. Quelle est l’origine de ce mot étrange et difficile à prononcer en français ? Il s’agit de la contraction des mots anglais Candy (bonbon) et Discovery (découverte), synthèse de mon projet visant à faire découvrir au plus grand nombre des bonbons du monde entier. Initialement, le service s’adressait à un public anglophone, majoritairement lié au Projet DODEQA. Une version française du site était également disponible et allait devenir le fondement de l’évolution du projet, dont nous parlerons le mois prochain.

Une fois l’idée et le nom trouvés, il était nécessaire de définir le cadre légal dans lequel cette activité pouvait s’inscrire. Avant le grand départ, j’avais pris soin d’acquérir le statut d’auto-entrepreneur, au cas où une opportunité se présenterait – l’ensemble de la procédure peut toutefois être réalisée en ligne. La démarche administrative est simple, aucun investissement minimal n’est requis et les obligations en termes de comptabilité sont très légères. En cas d’échec, il suffit de fermer le site et de mettre fin aux télédéclarations de revenus mensuels. En cas de succès, il est possible d’évoluer vers une autre structure juridique. Ce statut, simple, rapide et peu coûteux à mettre en œuvre, était donc tout désigné pour tester au plus vite mon idée sans prendre de risque !

Enfin, se posait la question du financement nécessaire à la mise en œuvre de cette idée. Ma capacité d’investissement étant dérisoire – tout au plus quelques centaines d’euros – il me fallait trouver un moyen astucieux de financer les trois postes de dépenses principaux du projet : la création du site, l’achat des stocks et le déploiement de la stratégie marketing. Pour rendre cela possible, je me suis fortement inspiré de la philosophie du Système-D et de l’autofinancement que les entrepreneurs appellent le Bootstrapping.
L’idée est d’optimiser le business model d’une entreprise afin d’être capable d’en réduire les besoins en financement initial au minimum et de tirer parti de l’ensemble de la chaîne économique (fournisseurs, clients, partenaires, etc.) pour financer le solde. L’Art de se lancer, de Guy Kawasaki et The Bootstrapper’s Bible de Seth Godin, sont deux ouvrages de référence en la matière.

Avec mes quelques notions en informatique, j’ai pu développer la première version du site à partir d’un logiciel libre de gestion de contenu (communément appelé Open Source CMS dans la langue de Shakespeare) : une fois créé et hébergé, le site me revenait à 49€. Le business model de l’e-commerce par abonnement a rendu possible l’achat des stocks grâce aux préventes réalisées auprès des premiers clients, sans avoir à avancer le moindre euro. Finalement, la stratégie marketing a été réduite à sa plus simple expression, c’est-à-dire à l’envoi d’échantillons presse et à une modeste campagne de publicité sur Facebook, pour un montant de 129€. Ainsi, la première version de Candyscovery a pu être lancée avec, en tout et pour tout, 178€ !

Prenez une idée, donnez-lui un nom unique, enrobez-là d’un cadre juridique flexible et passez à l’action au plus vite avec un budget limité grâce aux préceptes du Boostrapping. Ajoutez une bonne dose d’huile de coude et de persévérance et vous vivrez une expérience sans précédent. Essayez, le seul risque que vous courrez, c’est d’avoir envie de recommencer !

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1 commentaire(s)

  1. Voilà un témoignage inspirant! Le frein à ce type d’élan créatif, est souvent l’investissement que l’on estime élevé; voilà qui donne à réfléchir 🙂

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