Un petit-déjeuner « jugaad » avec Navi Radjou, dans le salon Benjamin Franklin

Mercredi 17 avril matin : un petit-déjeuner a été organisé, à l’initiative de Jean-Joseph Boillot, par l’association Euro-India Economic & Business Groupe (EIEBG), pour le lancement de L’Innovation jugaad, en présence d’un des auteurs, Navi Radjou. Jean-Joseph Boillot a traduit et adapté ce livre. Le lieu n’a pas été choisi au hasard : le Procope, au cœur du VIè arrondissement de Paris, est un café historique où se sont croisés les plus illustres philosophes et inventeurs du siècle des Lumières, lieu tout désigné pour cet échange fructueux.

C’est donc sous l’égide du buste de Benjamin Franklin que Navi Radjou a présenté le concept d’innovation jugaad – Benjamin Franklin qui, d’après lui, serait le premier innovateur-entrepreneur jugaad, créateur de multiples inventions ingénieuses, pour lesquelles il n’a jamais déposé de brevets : un premier modèle d’open source, en somme !

Selon l’auteur, les pays émergents tels que l’Inde ou la Chine n’ont pas le monopole de l’esprit jugaad : déjà en France, à la Renaissance, le mot « bricoleur » avait pris le sens de « moyen détourné, habile », sens proche de celui de « jugaad ». Le bricoleur réfléchit et fait avec ce qu’il a, quelle que soit la rareté des ressources. On pense évidemment au système D., mais également à Claude Levi-Strauss qui, dans La Pensée Sauvage, oppose l’ingénieur et le bricoleur en mettant en valeur une forme de pensée pratique adaptée aux besoins sociaux des sociétés modernes.

Aujourd’hui, qu’en est-il de cet esprit ? Comment favoriser cette démarche de « bricoleur » dans les grandes entreprises, où l’innovation demeure structurée ? Pour l’auteur, l’innovation frugale de type « jugaad » va se développer de plus en plus car celles-ci n’ont tout simplement plus le choix. Un mouvement de fond cherche d’ores et déjà à répondre à la situation actuelle de crise de ressources (énergétiques, financières et de temps) qui s’étend à la fois dans les pays émergents et occidentaux. Le monde de la recherche s’en empare progressivement : à titre d’exemple au MIT, où a été créée une chaire conjointe avec le groupe Tata sur le problème de la rareté de l’eau.

De même, les grandes écoles françaises commencent à mettre en place des programmes, à Paris Dauphine et à Grenoble notamment, sous l’impulsion de la nouvelle génération Y – plus motivée, selon Navi, par le développement de produits ou services visant à améliorer notre société que par le développement de nouvelles applications Facebook.

Par ailleurs, le gouvernement français soutient ce mouvement ainsi que le développement des TechShop, concept de laboratoires open source d’origine californienne – il en existe déjà un à Paris et un autre est en projet dans la Région Rhône Alpes – dans le but de favoriser l’innovation par la réalisation plus rapide et à faible coût de prototypes, et de contribuer ainsi à la réindustrialisation du pays, selon Navi.

Commander L’Innovation jugaad

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