Start-up, business Angels : même combat

Mon expérience récente avec Juste à temps m’a prouvé combien il était important pour un entrepreneur en phase de levée de fonds de connaitre les processus liés à cette pratique particulière et très éloignés du management d’une entreprise. Je m’explique : alors que vous avez l’habitude de manager, de vendre, de gérer… vous vous transformez du jour au lendemain en négociateur en essayant de ne pas laisser tomber le quotidien de votre boite. Et dire qu’avec ma double expérience de business angel et d’entrepreneur, je me disais prêt pour l’exercice ! Détrompez-vous : ces deux activités n’ont rien à voir et peuvent même être contradictoires.

Startupper, deviens business angel

C’est en pensant à mon expérience que m’est venue l’idée de cet article. Oui, moi, Patrick Hannedouche, en vérité je vous le dis : amis startuppers qui prévoyez de lever des fonds, formez-vous au business angélisme avant de vous lancer dans cette course de fonds au résultat incertain. Et plutôt que de vous former en chambre, je vous recommande de devenir vous-même business angel pour au moins cinq raisons :

  • L’apprentissage du jargon : dans la série « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? », sachez que le quotidien de la levée de fonds est truffé d’expressions barbares comme LOI, Management package… C’est du grand n’importe quoi ? Peut-être, mais comme tous les investissements se font de cette manière, adaptez-vous.
  • La pratique de la road map : tout comme pour le vocabulaire, la levée de fonds obéit à un planning très normé ; aussi, avant de vous plaindre de la lenteur du processus, maitrisez-le en pratiquant « l’art d’être business angel ».
  • La posture juridique : trop de personnes, tout comme moi pendant longtemps, pensent que la confiance suffit dans le business. En devenant business angel, vous comprendrez que la confiance entre investisseurs et entrepreneurs s’exerce encore mieux quand le cadre juridique d’un deal est bien défini. Sachez choisir votre avocat.
  • La formation aux bonnes pratiques : en devenant BA, vous comprendrez l’intérêt du reporting mensuel et autre suivi de trésorerie et vous les appliquerez sans rechigner dans votre start-up.
  • La gestion de votre temps : sortir la tête de l’eau du quotidien de votre start-up pour conseiller d’autres entrepreneurs vous fera le plus grand bien.

Tout cela sans oublier le retour d’ascenseur consistant à faire éclore de nouvelles aventures entrepreneuriales après la vôtre.

OK, Patrick, mais comment devenir business angel ?

Rassurez-vous, il n’est pas nécessaire d’avoir la fortune de XN, MS ou JAG pour vous lancer. Et comme il s’agit d’une activité à risque, cela tombe bien car il faut mieux ne pas trop investir au début quand vous n’y connaissez rien à l’investissement angélique et que, comme moi, vous la jouez « ami-ami » avec les startuppers. Voici donc trois solutions pour devenir un ange des affaires :

  • Le crowdfunding : bonne nouvelle, il décolle en France et vous permet à partir de 100 € comme chez WiSEED d’investir dans une aventure entrepreneuriale mutualisée tout en apprenant le métier d’investisseur décrit plus haut.
  • La love money : souvenez-vous quand vous avez tapé vos copains de promo ou votre vieille tante Adèle pour réunir le capital de votre boite et répondez présent quand on viendra vous taper.
  • Les associations de business angels comme Paris Business Angels qui accueille avec plaisir les jeunes entrepreneurs et vous formera aux bonnes pratiques.

Au fait, n’oubliez pas de lire Les 12 commandements d’un Business Angel avant de sortir la monnaie.

Et si les business angels créaient leurs start-up ?

Je rêve un peu, mais ce serait une bonne idée pour dépuceler les business angels en matière d’entrepreneuriat et leur éviter de raconter les bêtises qu’on entend parfois lors des séances de questions suite aux pitches. En effet, qui est mieux placé qu’un entrepreneur pour conseiller un autre entrepreneur ? J’attends vos suggestions dans ce domaine pour écrire mon prochain article « Business Angels, créez votre start-up ».

Patrick

 *A propos de Patrick Hannedouche

Après une école de commerce (ESSCA Angers), j’ai acquis une bonne expérience dans la distribution (Carrefour, Promodes), l’export (Bonduelle) et la direction de PME (Caditel).

En 1990, j’ai créé Juste à temps, le livreur officiel de la convivialité au bureau.

Fort de cette expérience, je suis devenu investisseur et mentor dans des start-up où je peux apporter ma vision, mon expérience, mon réseau et du capital. Je suis administrateur de Paris Business Angels.

J’exprime mes idées sur mon blog Business Angel France que j’ai créé en 2007 pour aider les créateurs d’entreprise et amplifier le mouvement des Business Angels en France. J’y pratique le parler-vrai qui me caractérise et je m’appuie sur mon expérience. N’hésitez pas à me challenger, j’aime ça !

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Tags : Un commentaire

1 commentaire(s)

  1. Effectivement l’entrepreneur doit s’adapter fonctionnement normé des business angels…
    Même si parfois on l’oublie trop vite les business angels et l’entrepreneur ont les mêmes objectifs… Transformer une idée, un projet en une société rentable et pérenne…
    J’ai hâte de lire ton billet sur « Business Angel’s créé votre start-up… »

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