À propos du coworking : Tara Hunt, auteur de l’Effet Whuffie

« Le coworking est une idée qui s’est transformée en mouvement quand nous avons commencé à utiliser les outils en ligne.

L’idée elle-même est venue de Brad Neuberg, un ami qui a travaillé sur plusieurs programmes open source, en utilisant du code mis à la disposition de la communauté des développeurs de logiciel. Lassé de travailler seul à son domicile, Brad a commencé à se rendre dans les cafés avec son ordinateur portable pour avoir plus d’interactions sociales. Mais il y a rencontré beaucoup de problèmes. Les lieux étaient bruyants et il était censé consommer plusieurs cafés et pâtisseries s’il restait longtemps. Le wifi n’était pas fiable et, même si Brad était entouré, ce n’était pas le genre de lien social qu’il recherchait. Alors il a décidé de louer un espace dans un centre communautaire deux jours par semaine dans le quartier de la Mission à San Francisco et d’en faire la publicité pour que d’autres travailleurs indépendants viennent et paient 15 dollars pour avoir une expérience de travail collaboratif. Il a appelé cette idée le coworking.

Quand j’ai rencontré Brad, il avait quelques difficultés à faire passer le mot et gérer en même temps sa charge de travail. Chris Messina, mon associé, eut l’idée qu’un espace de travail permanent serait plus porteur et demanda à Brad si nous pouvions utiliser son idée de coworking pour décrire notre concept. Brad accepta. Nous avons commencé à poster des événements sur le site événementiel Upcoming.org pour voir s’il y avait localement des personnes intéressées par le concept d’espace partagé. Nous avons été stupéfaits quand des dizaines de personnes sont venues à ces réunions.

Nous avons ensuite recherché d’autres espaces après quelques réunions. Nous n’avions préparé ni budget ni business plan, mais nous voulions néanmoins aller plus loin. Plusieurs personnes ont filmé des vidéos de notre aventure et les ont mises en ligne ; d’autres ont pris des photos et les ont postées sur Flickr avec le mot clé « coworking ». Nous avons créé un « Google group » pour nous aider à communiquer plus efficacement et lancé un wiki sur PBWiki.com pour organiser nos idées.

Avant même d’avoir trouvé un espace, un étrange phénomène s’est produit. Des personnes venant des États-Unis et du monde entier ont rejoint le Google group et manifesté leur intérêt pour créer leur propre espace de coworking dans leur communauté locale. Parce que nous postions ouvertement toutes nos discussions, délibérations, décisions et productions pour les médias, tous étaient capables de nous suivre et d’apprendre de nos expériences.

Ils pourraient suivre nos leçons et les utiliser pour leurs propres projets. Depuis, Chris et moi avons créé deux espaces de coworking à San Francisco : le Hat Factory à Potrero Hill, et le Citizen Space près de South Park, à côté de nombreuses entreprises high-tech de San Francisco. Une de mes relations communes avec Christopher Allen, qui m’a présentée à Deborah, s’est établie, par le biais de l’espace de coworking qu’il a cofondé à Berkeley, de l’autre côté de la baie de San Francisco.

Tous ces espaces sont, en eux-mêmes, de merveilleuses micro-communautés, mais la grande communauté mondiale du coworking est épatante. Le Google group compte plus de 1 600 membres s’aidant les uns les autres.

Il existe différents niveaux d’expériences dans notre communauté : collaborateur, promoteur, et propriétaire d’espace. Les collaborateurs sont des membres actifs, que ce soit en diffusant le concept par le bouche à oreille ou en travaillant au sein d’un espace. Les promoteurs sont dans le processus de création d’un espace. Peut-être ont-ils fait le premier pas en montrant leur intérêt ou sont-ils sur le point d’ouvrir leur propre espace. Les propriétaires d’espace sont comme les vieux sages de la communauté. Ils ont ouvert un espace et sont disposés à partager leur expérience avec les collaborateurs et les promoteurs afin de les aider. Cette communauté est tellement soudée qu’en une année, plus de trente espaces ont émergé et des centaines d’autres sont en cours de création. La plupart des espaces ont été ouverts par des consultants indépendants et des dirigeants de petites entreprises qui souhaitaient travailler avec des personnes ayant des profils similaires aux leurs. Ils n’avaient pas besoin au départ de gros investissements financiers, mais de beaucoup de conseils et d’énergie.

Le phénomène du coworking a été présenté dans des dizaines de publications importantes, dont le New York Times, Business Week, Wired et Entrepreneur ; mais aussi sur CNN à plusieurs reprises, et sur des milliers d’articles de blogs. Ceci m’apporte un présent encore plus précieux : une famille à travers le monde. Maintenant, presque partout où je voyage, il existe déjà un espace de coworking ou un espace en cours de création. Ainsi, lorsque les propriétaires de l’espace apprennent ma venue en ville, ils m’aident à trouver une connexion wifi fiable et un groupe de personnes sympathiques avec qui travailler.

Des espaces comme ceux-ci existaient bien avant Internet. Mais ce mouvement de fond a été uniquement possible grâce à Internet et à la pléthore de fabuleux outils collaboratifs et communautaires. »

Tara Hunt, L’Effet Whuffie

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1 commentaire(s)

  1. Très joli extrait, et tellement réaliste concernant l’expérience du coworking ! Il permet de travailler dans les meilleures conditions lorsqu’on est indépendant ou freelance. Le coworking fait en sorte de nous faire grandir avec notre projet professionnel. C’est du moins l’expérience que j’ai du coworking par rapport au travail à la maison ou dans les cafés avec wifi gratuit mais consommation obligatoire.

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