Loren : « J’ai testé le guerilla marketing pour trouver un emploi »

Dans La Supercherie d’Icare, Seth Godin nous apprend que la nouvelle économie, l’économie connectée, exige de nous que nous soyons des artistes. Que nous osions nous démarquer, sortir de notre zone de sécurité et nous faire entendre. Là où la culture industrielle nous demandait surtout de nous conformer aux règles, ne pas faire de vagues et ne pas sortir du lot, ceux qui ne redoutent pas de s’exprimer ont aujourd’hui une carte à jouer.

Cela est valable que l’on soit entrepreneur, salarié, mais tout aussi bien lorsque l’on est à la recherche d’un emploi. Chercher du travail, c’est un art. La recherche d’emploi peut parfaitement être abordée avec cet esprit de l’artiste que Seth Godin nous appelle à adopter.

Quoi de plus barbant (usant, déprimant) que d’éplucher les sites d’annonces d’emploi et d’arroser les recruteurs de CVs et de lettres de motivation bien formatés ? C’est ce que l’économie industrielle nous demandait de faire, et par les temps qui courent, cela fonctionne de moins en moins. Il faut procéder autrement, avec art – ce qui peut transformer une démarche rébarbative en un projet en soi, stimulant et créatif.

C’est ce qu’a fait Loren, jeune lilloise spécialiste du marketing digital. Lorsqu’elle a commencé à chercher un poste de manière « classique » en décembre 2012, elle n’a pas tardé à s’ennuyer, ne trouvant le processus ni intéressant ni vivant. L’idée de gagner de la visibilité à sa manière a commencé à la titiller.

Et un soir de mars 2013, elle a décidé de poster un article sur son blog, décrivant son parcours et ses compétences sous la forme d’un abécédaire illustré et plein d’humour. Elle a même réussi à franchir l’obstacle de la lettre K, avec l’entrée « K-bis », pour parler de son expérience d’entrepreneuse !

Ne restait plus qu’à créer le buzz. Elle a imaginé alors tout un dispositif autour de cet article, envoyant une newsletter à ses 200 contacts professionnels et personnels les plus proches pour les inciter à relayer l’information sur les réseaux sociaux, grâce notamment au hashtag #LorenMKG. Résultat : plus de 1000 visiteurs uniques sur son site en une semaine.

Si elle n’a pas eu réellement de retour dans les tous premiers jours, cette initiative lui a apporté au fil du temps beaucoup de contacts intéressants, et les retombées positives se font encore sentir aujourd’hui. Des entreprises qui n’auraient pas forcément distingué son CV dans la foule des candidatures se sont mises à la contacter spontanément.

Aujourd’hui, sa guérilla marketing fait partie intégrante de son CV, comme une démonstration par l’exemple de son savoir-faire en matière de marketing digital.

Le conseil qu’elle donne à ceux que l’expérience de la guérilla marketing pour trouver un emploi tenterait : « Le plus important est de coller à ce que l’on est vraiment. Si j’avais été cuisinière ou comptable j’aurais sans doute procédé différemment. Faire comme #telmarcell n’aurait pas été cohérent avec ce que je suis et ce que je cherchais. Ma façon d’écrire et de présenter les choses permet déjà aux gens de mieux voir ce que je suis. »

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