MakeSense : et si le social business était fait par tous ?

Source : Socialter

Reposant sur le constat que de plus en plus d’individus aspirent à être acteurs de changements, MakeSense met en contact avec des entrepreneurs sociaux avec tous ceux qui sont prêts à les aider dans la quête de solutions. Depuis sa création en 2010, la communauté MakeSense a permis de mobiliser plusieurs milliers de personnes dans le monde autour de la résolution de défis d’entrepreneurs sociaux. A la recherche du secret de l’intelligence collective, j’ai rencontré Heremoana Puhetini, « gangster » (bénévole MakeSense) de la première heure, et lui-même porteur d’un autre de contamination de l’économie par le sens.

Comment es-tu devenu membre du réseau MakeSense ?

Cela fait 3 ans que j’ai mis les pieds dans la communauté MakeSense, depuis le début ; cela remonte quasiment à mon entrée en classe prépa, où je me suis retrouvé dans la même classe que la sœur de Christian Vanizette à Tahiti : je l’ai rencontré au moment où il commençait son école de commerce. Quand je l’ai revu un an plus tard, il m’a dit qu’il faisait un tour d’Asie et partait à la rencontre d’entrepreneurs sociaux. Il a commencé à faire du buzz sur son blog. A l’époque je ne savais pas du tout ce qu’était le social business. Il a réussi à rendre sexy un secteur qui ne l’était pas forcément. Quand je suis parti en France je l’ai rencontré par hasard dans le métro : il était en train de recruter ses premiers « gangsters ».

Ce qui m’a attiré, c’est la personne de Christian : comme beaucoup d’entrepreneurs sociaux, le projet ressemble à la personne. Rétrospectivement, je n’avais pas pensé me retrouver aussi impliqué au final !

source : MakeSense

Quel est ton rôle au sein de MakeSense ?

J’ai fait beaucoup de choses au sein de MakeSense, il y a même un moment où j’ai fait partie de l’équipe business. Maintenant, je fais ce que font la plupart des gangsters : du sourcing d’entrepreneurs sociaux. On est très ouverts, on ne juge pas la dimension sociale sur le statut, mais sur la reconnaissance des pairs : si quelqu’un de la communauté propose un entrepreneur, on va le suivre.

On anime les fameux « holdups », qui sont des ateliers de créativité d’idées rassemblant une quinzaine de personnes pour répondre à une problématique spécifique d’une entreprise sociale, que dans notre jargon on appelle un « challenge ». Le « gangster » qui anime définit 3 objectifs et 3 contraintes pour cadrer le workshop, base à partir de laquelle on peut construire un scénario de questions. Les gens fournissent des idées sur des notes adhésives qu’ils vont re-thématiser et à partir desquels ils vont proposer un commencement de solution. Un holdup dure 2 heures, plus 1 heure de préparation en amont et 2 heures de restitution.

source : MakeSense

A côté de cela, on a créé un nouveau format qui s’appelle des « minigangs », où une dizaine de personnes implémentent une solution pendant un mois, avec un gangster comme pilote.

En termes de format, à la base on s’est inspiré de ce que faisait Act One avec Brice Challamel : les analogies, les idées carton rouge, les associations d’idées… On a fait un mix avec le concept d’une allemande : le vidéo-prototypage. La V1 des holdups était comme ça, ça a permis de créer le buzz sur le secteur de l’ESS, mais ce n’était pas forcément le mieux en termes de livrables pour le bénéficiaire. On a essayé de clarifier les livrables, d’où l’intérêt des minigangs.

Notre idée, c’est que plus on va aider, meilleur va devenir le monde. Nous sommes un relai, nous accompagnons les entreprises sociales dans leur développement. Nous ne sommes pas un incubateur, même si on vient d’ouvrir un incubateur social. MakeSense ne se réduit pas aux holdups ; la communauté a a été créée en analogie avec les logiciels open source, elle est grande et permet de faire des itérations rapides.

le "holdup" Socialter - source : MakeSense

Qui sont les participants aux « holdups » ?

Au début on faisait marcher notre réseau d’amis proches. Aujourd’hui, il y a 800 gangsters dans le monde, répartis dans 44 villes, ça nous donne une bonne force de frappe ! Les participants sont surtout des jeunes de 18-30 ans, car c’est le genre de méthode où ce type de profil se fait prendre au jeu. Il y a un côté gaming dans l’atelier, où il faut savoir s’adapter et ne pas forcer. On attire des gens qui viennent du business, des geeks…

Y a-t-il un projet qui t’a particulièrement marqué ?

Celui d’Alexandre Castel de Station Energy : il a fait des panneaux solaires en mode station service en Afrique. On s’est rencontrés à la GSVC, son projet a été mis en place et c’est devenu un de mes amis très proches. Il a de vrais liens qui se créent entre les gens.

Les "gangsters" de l'économie sociale - source : MakeSense

Tu travailles aussi sur un projet un peu fou, le Social Express… Peux-tu nous en dire plus ?

Le Social Express est né de ma rencontre avec Bretran Ruiz lors d’une Disco Soupe à Toulouse. On faisait le pont entre des initiatives comme MakeSense, OuiShare, et on se disait : c’est bien gentil mais ce n’est pas en restant entre nous que l’on va faire bouger les choses. L’ESS est un secteur attractif et qui crée de l’emploi mais les gens ne savent pas ça.

Le Social Express, c’est un peu notre solution pour décloisonner les frontières entre le grand public et le secteur de l’ESS. On va sensibiliser et impliquer le grand public dans des projets sociaux locaux en réunissant une cinquantaine de personnes avec des parcours et des compétences multidisciplinaires, que l’on va former et faire voyager dans 3 villes d’Europe lors d’une première édition en Juillet 2014. Ces « cheminots » vont organiser des ateliers de prototypage et des événements participatifs ludiques à destination du grand public.

Le premier outil des « cheminots » sera les WarmUp games, une sorte de « vis ma vie d’entrepreneur social », où les gens pourront s’immerger pendant 3 jours dans les projets, et à partir de là, prototyper des solutions concrètes à partir des méthodes de MakeSense, qui est partenaire du projet. Ensuite, il y a les Social Olympic games, mon cœur de métier : en analogie avec les Disco Soupes, on va hacker un espace public dans lequel on va créer un espace éphémère où tout sera gratuit (Disco Soupe fera la restauration), et où on organisera des ateliers de promotion pour le grand public, qui pourra gagner des médailles en participant aux ateliers. Le 3ème outil sera la Social Express TV, où tout sera retransmis sur les réseaux sociaux. On passera une semaine dans chaque ville. Le projet est multipartenaires, parce que s’il y a bien une chose que j’ai apprise, c’est que c’est par le réseau que l’on peut faire de grandes choses tout en commençant petit.

Quelles sont les 3 villes prévues pour ce mirifique parcours ?

Suspense !

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1 commentaire(s)

  1. Vigilante

    Cette personne a prévu une deuxième édition en 2015. A la veille du départ, le voyage a été annulé. Il a fait payé 600 euros de participation et n’a pas remboursé les participants. C’est un comportement malhonnête!

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