Les lundis Y: De la débrouillardise de l’entrepreneur !

Le sujet du jour m’a été conseillé par une amie qui me racontait les péripéties d’un jeune entrepreneur qui partageait une chambre de bonne pour s’en sortir économiquement.

Cet exemple n’est malheureusement pas un cas isolé et concerne de nombreux jeunes entrepreneurs ou indépendants qui se lancent dans la vie. Ce qui est intéressant cependant, c’est la propension à la débrouillardise que l’on constate chez les entrepreneurs, beaucoup plus que chez les autres catégories professionnelles.

En effet, alors que l’innovation jugaad et l’ingéniosité sont mis en avant dans les entreprises, il serait pertinent de se demander pourquoi les créateurs d’entreprise ont tendance à être plus débrouillards et agiles que les personnes salariées, qu’elles exercent dans le secteur privé ou dans la fonction publique.

Mon expérience de salariée et d’entrepreneur me permet peut-être d’aporter une réponse à cette interrogation. Et si c’était le cadre dans lequel on évoluait qui influençait notre comportement ?

Travailler dans une entreprise déjà structurée, c’est être assuré qu’un cadre préexiste à notre venue. C’est rassurant. Un cadre avec ses codes, ses règles, son organisation hiérarchique et son organisation décisionnelle. Traditionnellement, lancer un projet dans une entreprise, c’est le faire valider, obtenir un budget et se voir attribuer une équipe. Ainsi, tant sa mise en place que son exécution sont longues et fastidieuses, sans compter toutes les réunions de suivi et de validation à organiser. Rien à voir avec l’éxecution d’un projet dans une start-up ! En outre, être salarié, c’est être assuré d’avoir toujours un salaire même si l’on échoue dans ses projets et que l’on a des résultats inégaux.

Etre entrepreneur, à l’inverse, c’est devoir constamment s’adapter aux attentes de ses clients, c’est devoir s’adapter aux changements, c’est devoir faire vite. C’est également devoir se débrouiller les mois où l’on gagne moins d’argent et être constamment à la recherche de nouveux clients et de nouveaux moyens de les satisfaire.

Peut-être que les entrepreneurs sont moins à la recherche de confort et de sécurité que les personnes salariées et c’est ce qui leur permet de s’en sortir, en s’adaptant constamment. Aucun cadre ne leur est donné. Au contraire, ils doivent continuellement en créer de nouveaux et faire face à l’inconnu. Et c’est certainement pour cela que la débrouillardise, l’ingéniosité et l’agilité sont les caractéristiques principales de l’entrepreneur.

Angélique

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5 commentaire(s)

  1. Noëlia

    Votre photo est très évocatrice de la réalité des jeunes entrepreneurs. Et votre article montre également tout l’intérêt de l’entrepreneuriat: développer une aptitude à jongler avec les aléas, l’insécurité, solliciter en permanence leur ingéniosité. Le prix de la securité financière, offert par nos chers grands groupes, n’est-il pas trop cher payé?

    • BB

      Vous avez raison, Noëlia. Oui une illustration assez courante pour montrer l’ascension sociale. Mais les entrepreneurs travaillent souvent, sinon toujours, pour des raisons qui sont tres loin de la vision du gain.

  2. Noëlia

    *son ingéniosité

  3. BB

    Le cadre est important. Mais combien de startups sont-ils « successful » ? Opposer les deux mondes est devenu un peu ordinaries. Ces problemes sont surtout plus visibles aujourd’hui, ce qui est normal, et sont vus comme la cause, en partie, de crise economique.
    Et, finalement, il y a des salaries aussi qui habitant des chambres de bonne pour s’en sortir.
    En tout cas, bravo pour mettre en valeurs et encourager les entrepreneurs pour leur esprit d’originalite et le sens de l’independance !

  4. Noëlia

    Même s’il est devenu un peu classique de montrer l’opposition du monde salarié et de l’entrepreneuriat, il est toujours important de souligner les différences fondamentales qui existent entre ces 2 mondes. D’ailleurs je trouve toujours intéressant de constater le nb d’annonces de job corporate à la recherche d’un mouton tout bien, tout conforme aux exigences de la société (une super ecole d’ingé, de commerce, 5 langues étrangères), avec l’esprit « entrepreneurial », comme si l’on était conscient de ce manque cruel auxquels certains grands groupes ont du mal à faire face. Je crois que c’est de la faute des RH quand ça fonctionne mal! (bah oui, il faut bien un coupable!). Imaginez un instant une super stratégie RH qui entend développer le sens de l’innovation chez ses employés, en leurs donnant les moyens de mettre en pratique leurs idées! Ca donne des résultats formidables, ça donne BOSCH!
    Mais lorsque vous vous voyez freiné dans toutes vos idées, qu’on ne prend pas le temps de penser et d’elaborer des stratégies d’action, ça donne la mollesse des entreprises françaises d’aujourd’hui. Certes, je généralise, mais ça ne veut pas dire que j’exagère non plus.
    Peut-être que si l’on en vient à faire cette opposition entreprises françaises/start-ups, c’est parce que la nécessité de survie oblige les entrepreneurs à REAGIR avec force, tandis que ds une entreprise, on peut tjs recourir à ce fameux emballage cadeau (le bon vieux ppt, qui donne l’apparence d’une réflexion), en guise de solution miracle! Ca passera en réunion face à des collaborateurs et dirigeants conventionnels…
    Bon, j’arrête là ma digression: c’est qu’il me faut pondre un ppt justement…

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