Les lundis Y : Eloge de l’erreur

Pour avoir expérimenté les systèmes éducatifs français et américain, j’ai pu noter deux différences fondamentales :

– Au sein du système français, l’on met l’accent sur les erreurs que l’on ne manque d’ailleurs  jamais de souligner.

– Au sein du système américain, l’on met en exergue les réussites que l’on ne manque également jamais de souligner.

Ou pour l’exprimer autrement, aux Etats-Unis, ce sont les réussites qui sont sanctionnées alors qu’en France, ce sont les erreurs.

Quoi de plus inhibant en effet que d’être jugé sur ses erreurs. Car les erreurs sont la base même de l’apprentissage. Tout le monde connaît tous ces exemples de découvertes scientifiques issues d’erreurs. Christophe Colomb qui découvre l’Amérique alors qu’il croit se rendre en Inde. Ou, plus récemment, l’inventeur des notes adhésives repositionnables Post-it®, Spencer Silver, qui, en 1974, en ce trompant dans les dosages de sa nouvelle formule de colle forte obtient par erreur une colle à faible pouvoir adhésif.

C’est en se trompant que l’on apprend vraiment.

Tel est en tout cas le point de vue du danois Alexander Kjerulf, spécialiste du bonheur au travail, qui, dans cet article, se réjouit des erreurs qu’il a pu commettre et qu’il envisage comme autant de possibilités d’apprentissage.

Car, il serait temps, comme nos collègues anglo-saxons et danois de dédramatiser l’erreur en France afin que celle-ci devienne un élément constitutif et « normal » de l’apprentissage, tant à l’école que dans le monde du travail afin de contre-balancer 150 longues années d’élitisme.

Et à Samuel Beckett, cet Irlandais qui a vécu en France et qui a su admirablement détourner les codes de son pays d’adoption, de conclure :

Si je me trompe je suis car l’on ne peut se tromper si l’on n’est.

Angélique

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