Et si on arrêtait de travailler ?

Tout se passe comme si, en France aujourd’hui, la peur la plus partagée était celle de ne pas avoir de travail, et la plus grande envie celle de ne pas travailler.Quel meilleur moment que le cœur de ce mois d’août où une bonne partie du pays utilise ses congés payés à oublier son quotidien professionnel, pour s’interroger sur ce que signifie au juste le travail ?

source : @holidaymatinee

Pour les chantres de l’économie collaborative, il est temps de renoncer à la valeur moralisatrice du travail. Si à l’échelle de la société la valorisation de la production est à réinventer, peut-être peut-on rêver, au niveau individuel, de vivre son travail moins comme un labeur et davantage comme une œuvre.

Il y a peu, j’ai entendu Philippe Cacciabue de Terre de Liens affirmer que « le travail peut ne pas être autre chose qu’une manière de faire ce que l’on a décidé de faire ». Lui-même disait ne voir aucune différence entre son travail et sa vie, de la même manière qu’un artiste ne peut être dissocié de son œuvre. Dans Jazz et Leadership, Frank J.Barrett cite Kierkegaard, qui affirme que pour devenir un être humain à part entière, on doit s’engager dans l’action, développer de nouvelles compétences et prendre le risque d’un échec. Pour lui, ce n’est qu’au prix d’un engagement de ce type qu’il est possible de vivre une vie qui en vaille la peine. On constate d’ailleurs que ceux qui sont dans l’engagement essentiel (comme Philippe Cacciabue… ou les musiciens de jazz qu’évoque Frank Barrett) sont aussi souvent ceux qui disent ne jamais travailler. C’est qu’ils sont bien trop occupés à œuvrer.

L’être humain est un être de désir et de projet. L’œuvre est ce qui permet à chacun de confronter son désir et sa façon d’être au monde avec la réalité. Et si nous mettions notre désir au travail ?

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