Encore un effort !

Parmi les conseils qui m’ont marquée par leur justesse et leur pertinence dans C’est à vous de jouer, le dernier livre de Seth Godin, il y a cette idée de toujours faire un petit effort en plus. Cette leçon est à mi-chemin entre le lifehack et le précepte spirituel (comme beaucoup de conseils de Seth Godin sans doute). Il mérite d’être appliqué dans sa vie professionnelle, artistique et personnelle.

A notre époque de grande paresse, où la connaissance est accessible en un clic (je me souviens des recherches à la bibliothèque pour fouiller dans l’encyclopédie Britannica ce que les collégiens d’aujourd’hui trouvent sur Wikipedia…sans peut-être avoir conscience que ce sont des êtres humains qui ont bénévolement mis ce savoir à leur libre disposition) ; où les choix sont si infinis qu’ils en deviennent vertigineux et semblent presque s’annuler, nous donnant une étrange claustrophobie de la data ; où les machines font tant de choses pour nous, y compris compter nos pas ou nous conseiller des amis, la valeur de l’effort supplémentaire et gratuit mérite toute notre attention et notre respect.

Attention, je suis la première à céder à la paresse, et à considérer les apologies de l’effort avec suspicion (flairant l’arnaque, la vulgarité ou la faiblesse). Les gens qui ont été encodés (comprendre : éduqués) avec l’injonction « fais un effort » n’ont pas de chance, parce qu’ils vont chercher à vivre de manière pénible des choses qu’ils auraient pu expérimenter dans la légèreté, et vont culpabiliser de savoir faire les choses vite. Il est important de savoir faire les choses « suffisamment bien » (c’est une forme d’efficacité et de frugalité), et le perfectionnisme (ou plutôt ce qui se cache derrière ce nom bien pratique : la peur de risquer l’image que l’on a de soi-même en se confrontant à la réalité de l’objet fini) est au premier plan des traits de caractère qui nous empêchent de nous lancer quand « c’est à nous de jouer ».

Cependant, ce petit effort luxueux est ce qui construit la véritable estime de soi, les vraies relations et la fidélité des clients. Les herbes fraîches dans l’omelette. La petite fleur sur l’oreiller à l’hôtel. Le petit mot personnalisé dans un colis de livraison.

Pensez-y… En tout cas si je prends une résolution cette année, c’est celle de m’autoriser, à chaque fois que c’est possible (et c’est toujours possible) le luxe d’un petit effort en plus.

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