Les Lundis Y : Pourquoi le brainstorming en groupe est une perte de temps

Je suis tombée cette semaine sur un article de la HBR qui m’a interpelée : Pourquoi les brainstorming en groupe sont une perte de temps ? Moi qui pensais que c’était une bonne méthode pour générer des idées à plusieurs, je me suis aperçue qu’elle pouvait avoir des limites.

« Pour s’agrandir et innover les entreprises doivent développer des idées créatives. Au niveau des employés, la créativité résulte d’une combinaison d’expertise, de motivation et de capacité de raisonnement. Au niveau des équipes, elle résulte d’une synergie entre les membres du groupe qui permet d’atteindre un résultat supérieur à la somme des idées individuelles des membres du groupe.

La méthode la plus utilisée à travers le monde pour faire émerger la créativité au sein d’un groupe est le brainstorming, une technique développée par Alex Osborn, un vrai “Mad Man” des années 1950.

Le brainstorming s’appuie sur 4 règles : (a) générer le plus d’idées possibles, (b) mettre en avant des idées originales, (c) combiner et traiter les idées générées et (d) s’abstenir de critiquer les idées pendant le processus.

Cependant, une étude qui a suivi 800 équipes a mis en exergue que les personnes étaient plus à même de générer un plus grand nombre d’idées originales si elles n’interragissaient pas avec d’autres personnes. Le brainstorming a plus de chance d’avoir des effets négatifs sur la productivité plus l’équipe est grande, plus l’encadrement est présent et plus l’oral est préféré à l’écrit. En outre, les équipes ont tendance à abandonner quand elles s’aperçoivent que leurs efforts ne sont pas assez productifs.

Mais pourquoi le brainstorming ne fonctionne pas ? Voici quatre explications :

  • La paresse sociale : On observe une tendance chez les gens à faire moins d’effort quand ils travaillent seuls que quand ils sont en groupe. En effet, on se sent moins poussé à faire quelque chose quand on sait que d’autres peuvent le faire à notre place.
  • L’anxiété sociale : Les gens ont peur de la manière dont leurs idées sont reçues par les autres. De même, quand ils s’aperçoivent que des personnes ont plus d’expertise qu’eux, ils ont tendance à être moins performants. Ce point est particulièrement problématique quand les personnes sont introverties ou manquent de confiance en elles. 
  • La régression à la moyenne : Il s’agit d’un processus où les éléments les plus talentueux finissent par s’aligner sur le niveau des éléments les moins talentueux. Cela est très courant dans le domaine du sport où vous aurez tendance à vous aligner sur la performance de l’autre si vous vous entraînez avec quelqu’un de moins bon que vous.
  • Les limites de production : Quelque soit la taille d’un groupe, on ne peut exprimer qu’une seule idée à la fois si on veut être sûr d’être entendu par les autres membres du groupes. Des études ont montré qu’à partir de 6-7 personnes dans un groupe le nombre d’idées stagnait et que plus le groupe était grand moins le nombre d’idées par personne était important.

Etant donné les limites du brainstorming pourquoi cette méthode est-elle tellement répandue ?

Il y a deux raisons principales à cela. Premièrement, avec l’augmentation de la spécialisation du travail, l’expertise est distribuée au sein des employés. En effte,si pour résoudre des problèmes il faut associer différents types de connaissances, mettre ensemble les bonnes personnes devrait, en théorie, augmenter le niveau d’expertise dans la pièce et devrait aboutir à de meilleures solutions. Cependant, en pratique, cette approche demande une sélection pointilleuse des personnes et une très bonne coordination. Deuxièmement même si les groupes ne génèrent pas forcément plus d’idées ou de meilleurs idées, le brainstorming, par rapport aux autres solutions qui existent, est souvent la solution la plus démocratique, ce qui permet une adhésion plus rapide aux idées et donc une implémentation de ces dernières plus rapide.

Enfin, le brainstorming continue à être utilisé parce que son utilisation semble fondée. En tant que tel, il s’agit davantage d’un placebo plutôt que d’un véritable travail d’élaboration. Donc allez-y, programmez une session de brainstorming mais n’en attendez pas de trop grands résultats à part celui de permettre à votre équipe de se sentir bien. »

D’ailleurs, un article paru il y quelques jours, toujours sur la HBR, tend également à prouver que si le brainstorming en groupe est effectivement relativement inefficace en présentiel il peut s’avérer être un outil utile quand pratiqué en ligne.

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