Makestorming : le corporate hacking récompensé !

26784163209_649a48b808_k-1Toute l’équipe Diateino est fière de partager ce succès : Makestorming, l’ouvrage de Marie-Noéline Viguié et Stéphanie Bacquere a reçu le prix « Agir différemment » de la Fondation ManpowerGroup / HEC Paris. De fait, cet ouvrage est résolument tourné vers l’action et incite les collaborateurs à se donner les moyens de devenir des intrapreneurs sans attendre une quelconque permission ! Les auteurs définissent ainsi le corporate hacking : « Le hacking est un élan vital. Il devient même un devoir moral dans l’entreprise pour libérer les esprits et sortir de la situation bloquée, étriquée, quasi-dépressive dans laquelle se trouvent aujourd’hui tant d’entreprises et de salariés. Hacker l’entreprise, c’est adopter une nouvelle attitude face au travail, à la fois rebelle et constructive. Dans bien des cas, c’est aussi la seule façon possible d’opérer vraiment la mutation d’une organisation. »

Voici un exemple concret de ce hacking positif :

Makestorming« L’histoire se passe avant le Web 2.0, dans l’édition professionnelle. Nous ne parlons pas ici des livres que l’on trouve en librairie, mais de gros ouvrages de 1 000 pages, onéreux, comme des encyclopédies, commercialisés en vente directe et régulièrement mis à jour. Pour une poignée de maisons d’édition, c’est une affaire juteuse.

Éditeur junior, Laurent Marcq travaille sur un projet absolument pas sexy dans le domaine de la comptabilité publique. Il a repéré plus de 10 000 lecteurs potentiels perdus dans un épais maquis de réglementations sans aucune source d’information pratique pour les aider : il y a assurément un besoin.

Laurent Marcq ne commande pas une étude de marché, il va sur le terrain. Il rencontre ses lecteurs potentiels, il peaufine son projet, trouve l’auteur idéal… Mais alors que le livre est presque achevé, la direction change brusquement d’avis. Les budgets sont réduits et le couperet tombe : le livre passera à la trappe. Laurent Marcq se bat, argumente. Il n’obtiendra qu’un lot de consolation : l’essentiel des frais ayant déjà été engagé, le livre sortira – mais en librairie, avec un tirage minimal. Budget marketing pour le projet ? Zéro euro. Un enterrement de première classe.

Convaincu de son idée, Marcq ne baisse pas les bras – décidément une constante dans ces histoires de hackers ! Avec deux collègues en interne, il monte une task force clandestine pour organiser la promotion de l’ouvrage. Un mailing est réalisé en secret avec une graphiste complice, imprimé sur papier A4 et photocopié à plusieurs centaines d’exemplaires. Le soir, la petite équipe collecte sur le Web des noms et des adresses correspondant au cœur de cible, et quelques pauses déjeuner se transforment en sandwiches avalés à la va-vite et en mises sous pli. Les enveloppes sont déposées dans le bac du courrier de l’entreprise, par paquets de cinq ou dix pour ne pas attirer l’attention… Une campagne entièrement réalisée avec le budget Services généraux de l’entreprise !

Le résultat validera toutes les hypothèses de Marcq, et plus encore : sur les 700 premiers envois, l’éditeur recevra plus de 100 commandes : un taux de retour de plus de 15 %, quand la moyenne de l’entreprise dépassait rarement 1 %. Quelques mois plus tard, le livre sera épuisé et réimprimé. Et le hack débouchera sur un nouveau process de décision pour la sortie des livres qui sera revu l’année suivante : désormais, on fera un mailing-test sur quelques centaines d’adresses pour valider l’appétence de la cible sur la base du plan détaillé d’un livre pas encore écrit… Après tout, c’est ainsi qu’avait été vendue L’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert. »

Aller sur le terrain, tester son idée auprès de clients potentiels, tirer parti des ressources existantes de l’entreprise, utiliser des temps morts pour travailler sur son propre projet, convaincre quelques « complices » autour de soi et valoriser les premiers résultats sont des comportements récurrents chez les coporate hackers. Au lieu d’attendre une hypothétique permission et un budget, ils avancent puis font évoluer les processus grâce aux premiers résultats atteints.

L’ouvrage abonde de réussites similaires qui ne manquent pas d’enthousiasmer le lecteur, mais il va plus loin et donne de nombreuses clés pour favoriser cet état d’esprit et passer à l’action. Et vous, comment allez-vous « pirater » silos et processus ?

Partager :
Tags : Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *