Parler de ses échecs ? Oui, mais…

Les témoignages et citations inspirantes abondent pour nous encourager à échouer au plus vite pour mieux rebondir et trouver enfin le succès. C’est généralement vrai si l’on prend le soin de faire un travail d’analyse de ses échecs. Travailler par cycles itératifs d’essais / erreurs nous aide à vivre la valeur positive de l’échec et à constamment améliorer notre produit ou notre service.

Faut-il pour autant partager tous ses échecs, notamment lorsque l’on essaie de trouver des investisseurs ? Pas sûr ! Même si nos pratiques et notre culture évoluent, Xavier Millin, dans son ouvrage Lever des fonds, déconseille d’afficher ses échecs. Il s’en explique ainsi :

« Faut-il se vanter d’avoir échoué pour mieux lever ?

Vous avez certainement déjà entendu parler de cette grande différence entre la France et d’autres pays où l’échec lors de précédentes expériences est considéré comme un réel atout. À force de discuter avec des investisseurs et des entrepreneurs, il me semble que les choses évoluent actuellement, et que les entrepreneurs ayant échoué ne sont plus mis sur la touche en France.

Mais ce n’est pas pour autant une raison pour se vanter de tous ses échecs. Il m’est arrivé dans plusieurs sessions de pitch de rencontrer des entrepreneurs expliquant avec fierté leurs séries d’échecs, pensant ainsi convaincre que cette fois c’était la bonne, en faisant un argument clé de l’investissement.

L’échec est riche d’enseignements si on est prêt à apprendre de cet échec. Ce qui sera évalué chez l’entrepreneur, c’est sa capacité à analyser la situation d’échec et à accepter ou non d’en prendre sa part de responsabilité. Les investisseurs voudront saisir les raisons de ces échecs, et parfois consulteront les investisseurs ou autres associés du projet pour mieux comprendre. Il faudra donc manier cet « atout » avec beaucoup de précautions !

Enfin le « serial looser » n’intéressera personne, que ce soit en France ou aux États-Unis ! »

Si vous faites le choix de mentionner de précédents échecs,

  • Soyez conscient que vous prenez le risque de focaliser le court temps d’échange avec les investisseurs sur un sujet éloigné de votre objectif principal, à savoir les convaincre du bienfondé de votre projet ;
  • Préparez-vous en conséquence ! Sachez expliquer en quoi les erreurs que vous avez précédemment commises vous aideront à réussir le projet que vous présentez. Soignez l’impression que vous faites en vous assurant de conclure sur une note positive et en revenant rapidement sur le sujet du jour : votre projet.

 

 

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