La valeur de l’imperfection

Seth Godin en est convaincu, en période de transformations constantes et rapides, les organisations n’ont plus besoin de collaborateurs soucieux de rester dans le cadre et de coller aux procédures. Il s’en explique dans son ouvrage « Etes-vous indispensable ? » : Les organisations ont désormais besoin d’artistes, de personnes qui savent improviser, utiliser leurs émotions et être à l’aise avec les failles, les erreurs et l’imperfection. Malheureusement, ce sont des qualités que nous avons plutôt appris à enfouir profondément et nous peinons parfois à les réactiver.

Seth Godin montre notamment combien la quête de la perfection nous éloigne de nos talents et de notre capacité à faire face au changement :

« Combien de vos collègues passent toute leur journée en quête de perfection ?

Plus précisément, combien d’entre eux passent toute la journée à essayer d’éviter de commettre une erreur ? Ce sont deux choses très différentes. Ce que les gens cherchent le plus souvent, c’est l’absence de défaillance. Répondre aux normes. Ne pas être blâmé.

Nous avons été formés, depuis notre première année d’école, à éviter les erreurs. Le but de n’importe quel test, après tout, est d’avoir 100 % de bonnes réponses. Un sans-faute. Si vous ne faites aucune erreur, vous obtenez la note maximale, n’est-ce pas ?

Lisez le CV de quelqu’un et découvrez vingt ans d’exploits extraordinaires et une coquille. Que remarquerez-vous en premier ?

Nous voulons embaucher des gens parfaits, nous nous attendons à la perfection, nous mesurons en fonction de la perfection et nous récompensons la perfection.

Alors pourquoi sommes-nous étonnés du fait que les gens passent de nombreuses minutes de leur précieux temps à essayer d’atteindre la perfection ?

Le problème est simple : l’art n’est jamais dépourvu de défauts. Les choses remarquables ne satisfont jamais les normes car cela les rendrait normalisées et cela ne vaudrait pas la peine d’en parler.

(…) Renoncer au devoir de perfection n’est pas facile à faire accepter par quelqu’un qui a été formé, depuis sa première année d’école (et c’est le cas de la plupart d’entre nous), à une vision du monde qui valorise le sans-faute. Mais les artistes apprivoisent plutôt bien le mystère de notre génie. Ils comprennent qu’il n’y a ni carte routière, ni mode d’emploi, ni aucune façon d’éviter le blâme de temps à autre.

Si ce n’était pas un mystère, ce serait facile. Si c’était facile, cela n’aurait pas de valeur. »

Et vous, quelles attentes exprimez-vous à vos collaborateurs ? Avez-vous plutôt tendance à valoriser le respect de la norme, le sans-faute, ou à encourager la prise de risque et accueillir l’imperfection ? Quel exemple leur donnez-vous vous-même ? Cherchez-vous constamment la perfection ou acceptez-vous parfois une innovation imparfaite, défectueuse ?

Il ne s’agit pas de se contenter d’une exécution médiocre, mais de prendre du recul sur ses pratiques et d’oser faire différemment en acceptant les probables imperfections.

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