Vineet Nayar : Montez dans des trains impossibles à attraper !

Sorti en 2010 et traduit en français en 2011, l’ouvrage de Vineet Nayar, Les Employés d’abord, les clients ensuitea rapidement connu un succès important et durable qui a même étonné l’auteur lui-même ! Cet ouvrage a largement contribué à inspirer le mouvement des organisations libérées. Huit ans plus tard, il reste toujours une référence dans ce domaine. Mais entre-temps, l’auteur a voyagé dans le monde entier pour présenter son livre et échanger avec des dirigeants et des managers.

Ces nombreux échanges ont fait prendre conscience à Vineet Nayar d’une question récurrente auquel son ouvrage ne répondait pas : « Comment devenir un leader plaçant ses employés avant tout si mon entreprise ne suit pas cette théorie ? » De fait, bien des managers ont le sentiment d’avoir peu ou pas de marge de manœuvre au sein de leur organisation. Cette lacune a incité Vineet Nayar à ajouter deux chapitres à son ouvrage, qui paraît désormais dans une version augmentée et illustrée par Etienne Appert.  Il y partage notamment des moments déterminants de sa vie qui lui ont permis de devenir un leader capable de mettre ses collaborateurs au premier plan. Voici un de ces moments fondateurs :

« Montez dans des trains impossibles à attraper !

Nous sommes en 1970. J’ai huit ans. Ma famille doit déménager car mon père a été muté de Nagpur, une petite agglomération du Maharashtra à l’ouest de l’Inde, à Pantnagar, une belle ville au pied de l’Himalaya. Nous voyageons en train. Vers minuit, le train marque un arrêt à la gare de Ratlam. Mes parents et mes deux frères se sont endormis. Émerveillé par le tumulte au-dehors, je descends du train. Les gares indiennes sont vraiment fascinantes ; elles bourdonnent d’activité.

Perdu dans mes pensées, je ne remarque pas le train qui redémarre. Lorsque je m’en aperçois, mon esprit insouciant d’enfant se dit : « Ce n’est pas grave, je vais encore profiter de cette scène quelques secondes avant de retourner m’ennuyer dans le train. » Je cours alors vers mon wagon, saisis la poignée de la porte et tente de me hisser. Je tombe.

Je n’avais pas réalisé qu’un petit garçon n’aurait pas la force de grimper ainsi, qui plus est dans un train en mouvement. J’étais terrifié. Une fraction de seconde pour faire un choix. Rester sur le quai ou courir. Je décide de courir. Je me lance vers le train, j’attrape la poignée du wagon, je me hisse de toutes mes forces. Je tombe de nouveau. La panique et les larmes m’envahissent. Mais je n’ai pas le choix, il faut courir encore. Saisir la poignée. Tenter de me relever. Je tombe une nouvelle fois.

Le doute s’installe. Logiquement, je ne pouvais plus rattraper le train qui était plus rapide que mes jambes d’enfant. Mais en ratant mon train, je perdais mes parents. Le téléphone portable n’existait pas à l’époque ! Je n’avais aucune autre solution, je ne pouvais pas abandonner. Je me suis relancé.

Soudain, une vendeuse de fruits est apparue de nulle part. Ayant assisté à la scène, elle s’est élancée, m’a agrippé par le pantalon et m’a jeté dans le dernier compartiment, celui des contrôleurs. Penaud, j’ai traversé le train pour rejoindre mes parents.

Cet incident m’aura appris à tenter le tout pour le tout. La vie est faite de trains impossibles à attraper. Si vous n’essayez pas de monter à bord, qui vous aidera ? C’est en vous lançant dans des courses impossibles que vous parviendrez à votre but, là où d’autres ont échoué. Voilà la conviction qui a guidé toutes mes actions après cet épisode à la gare de Ratlam. »

Et vous, y a-t-il des trains que vous êtes tenté de regarder passer parce qu’ils vous semblent impossibles à attraper ? Et si vous vous laissiez une chance de bénéficier d’une aide externe plutôt que de vous épuiser à courir seul ?

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