S’inspirer de la science-fiction pour faire face à la complexité

Dans son ouvrage Voyage au centre de la Tech, Agnès Zevaco explore les relations entre la science-fiction et l’innovation. Les auteurs de science-fiction ont une étonnante capacité à s’abstraire de toutes contraintes, à faire des liens inattendus entre différents domaines. Ils sont ainsi capables d’imaginer des univers, des langues, des outils complètement nouveaux. Outre le plaisir que l’on ressent à les lire, ces auteurs sont aussi une source d’inspiration pour des organisations publiques et privées.

Elles vont chercher chez eux à la fois des idées d’innovation, comme la réalité augmentée ou les hologrammes, mais aussi un processus de réflexion : la capacité à réfléchir par scénarios. Cette dernière s’avère particulièrement propice faire face à des situations complexes et anticiper l’avenir. Agnès Zevaco s’en explique ici :

« Anticiper certaines évolutions

Nous vivons une période d’incertitude propice au retour de la S.F. C’est en effet vers la prospective que l’on se tourne pour avoir une idée du futur. Or celle-ci se nourrit de plus en plus de l’univers de la science-fiction. Les auteurs de S.F. travaillent désormais main dans la main avec les entreprises privées pour imaginer le futur.

Pour l’entreprise, ce mode de pensée constitue un apport très utile. « La démarche de l’auteur de science-fiction ressemble vraiment à une démarche entrepreneuriale. Le raisonnement qui consiste à dire “où allons-nous nous retrouver si je pose tel postulat”, c’est la question que se pose l’entrepreneur à chaque instant de sa vie professionnelle : “où sera l’entreprise dans deux, trois, cinq, dix ans, si je prends une telle décision ?” La science-fiction fonctionne sur un mode de pure logique, même si le lecteur a souvent l’impression qu’elle relève purement du domaine imaginaire. […] Au demeurant, les entrepreneurs doivent exercer leurs capacités de création et d’imagination», affirme en 2001 Michel Pébereau, alors président de BNP Paribas, dans Les Echos.

La science-fiction peut d’autant plus facilement être rapprochée de la prospective que les deux activités fonctionnent par scénarios, même si ceux de la S.F. sont bien plus spéculatifs. Il peut arriver que la prospective travaille sur des scénarios comportant des personnages imaginaires pour « incarner » un scénario possible, pour donner du corps à des hypothèses qui ont du mal à être véritablement prises en considération parce que trop abstraites.

Dans les deux cas, le « Et si ?» est une façon d’illustrer une incertitude, un questionnement fondamental face à l’avenir et à ses bifurcations possibles. Cette incertitude est illustrée par le « cône du futur », un cône qui englobe les divers scénarios du futur raisonnablement envisagés par le prospectiviste. »

Si l’univers de la science-fiction vous semble trop éloigné de votre domaine d’activité pour vous inspirer en innovations, comment pouvez-vous plutôt vous inspirer du mode de réflexion des auteurs, ce fameux « Et si » ? Quels sont les différents scénarios d’évolution de votre activité, de vos marchés, des attentes de vos clients, sur lesquels vous pourriez réfléchir ?

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