Imaginer le futur grâce au design fiction

Se projeter dans le futur est un moyen de favoriser l’innovation : à quoi pourraient ressembler notre vie quotidienne, notre domicile ou encore nos déplacements, lorsque nous disposerons tous de lunettes de réalité augmentée ? S’immerger dans ces nouveaux univers par le récit, à la façon de la science-fiction, aide à se projeter et à libérer l’imagination. Cet exercice de créativité est le design fiction. Mais les exercices de projection tournent parfois à la dystopie, comme on peut le voir dans bon nombre de séries télévisées à succès. Ces projections nous montrent surtout les conséquences négatives de nos actions d’aujourd’hui, ce qui n’est pas forcément le meilleur levier de changement. Agnès Zevaco, dans son ouvrage Voyage au centre de la Tech, nous invite plutôt à favoriser des « visions positives du futur ». De fait, le biais positif permet de « créer un déclic et nous mettre en marche (…), renouveler la vision du futur, booster l’innovation et dessiner un monde meilleur ». Elle s’en explique ici : 

« Une expérience étrange et familière à la fois

Pour raconter le monde de demain de la façon la plus convaincante possible, le design fiction place d’emblée le futur utilisateur au centre du récit. C’est le fait de gommer la fiction, d’être placé dans le contexte d’usage le plus réaliste possible, qui permet de générer une expérience. L’homme est mis de facto au cœur du dispositif et le produit banalisé : pour être persuasive, la nouveauté doit être présentée comme normale, sans emphase particulière. Les choses doivent être replacées dans le monde réel, à la maison, au bureau, en interaction avec enfants ou collègues. À l’inverse de la publicité donc, qui place le produit sous un éclairage particulier, riche de promesses.

Afin de favoriser l’expérience, le lien avec la réalité doit ainsi rester parfaitement crédible. Le processus est proche de celui mis en œuvre par la science-fiction, mais avec une approche plus concrète et des scénarios qui requièrent la participation des utilisateurs, au- delà de leur engagement émotionnel et intellectuel.

Pour « designer » le futur, il faut s’appuyer sur des recherches et des expérimentations qui sont déjà dans l’air du temps et les combiner de façon créative afin de provoquer un sentiment d’étrangeté et de familiarité mêlées. C’est le juste dosage qui fait que certaines fictions nous embarquent et nous font vaciller. L’excès d’éléments étranges rend la projection difficile ; trop peu de décalage, et l’expérience est plate, sans relief.

Le futur d’Ikea

Le catalogue Ikea 2030, imaginé par le collectif The Near Future, par exemple[i], est un récit de design fiction réussi : si le format et la mise en page du célèbre catalogue restent inchangés, une foule de petites choses surprennent. Ainsi, l’option d’abonnement figurant dans les tarifs, et présentée comme une option banale du futur proche, nous interpelle : comme Vélib’, Netflix, ou Deezer, préférerons-nous demain l’usage des meubles à leur propriété ? Et s’il en était ainsi, qu’est-ce que ça changerait ? »

Voilà une incitation à abandonner les présentations PowerPoint, qui ont tendance à appauvrir et limiter notre réflexion, pour utiliser la forme du récit et de la projection positive. Dans vos brainstormings avec vos équipes, comment pouvez-vous davantage utiliser ces outils narratifs et élaborer ensemble un « on dirait que… » ?

[i]http://ikea.nearfuturelaboratory.com

 

Partager :
Tags : Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *