Partir ou rester ?

L’été est souvent favorable à la prise de recul. Détendus et bénéficiant d’un changement de cadre, nous nous livrons plus facilement à l’introspection et réfléchissons à ce que nous voulons pour le second semestre et au-delà. Pour certains, cette réflexion tourne autour du dilemme « Dois-je partir ou rester dans cette voie / dans mon emploi ? ». Guy Kawasaki s’est trouvé à plusieurs reprises dans cette situation et dans son ouvrage « Wise Guy », il nous apporte, non pas une solution, mais des pistes pour orienter notre réflexion.

Une de ses premières réflexions, inspirée par son changement d’orientation dans ses études supérieures, vient nuancer le conseil très anglo-saxon du « Don’t Quit! » ou « Accroche-toi ! ». Les ouvrages de développement personnel et les citations inspirantes tournent souvent autour de la nécessité de persévérer pour atteindre son objectif. Ils mettent en avant ceux qui se sont accrochés et ont triomphé. Cela constitue bien souvent le ressort de films à succès. Pourtant, il est parfois sage et courageux de savoir renoncer et partir.

Guy Kawasaki nous en donne un premier exemple tiré de sa décision d’arrêter les études de droit, en dépit d’une forte pression familiale :

« N’ayez pas peur de changer de voie. Les gens hésitent à le faire pour les raisons suivantes :

  • La peur de s’engager sur la pente savonneuse des gens instables.
  • En abandonnant, ils peuvent donner l’impression d’être stupides ou faibles, parce que les gens qui gagnent sont toujours perçus comme étant intelligents et forts.
  • Ils vont décevoir leurs parents, amis, professeurs et coachs.

Mais abandonner ne fait pas nécessairement de vous quelqu’un d’inconstant, de stupide ou de faible. Cela peut arriver. Ce n’est que si abandonner devient une habitude que vous avez un problème.

Ce que vous faites après avoir abandonné quelque chose est plus important que ce que vous avez abandonné. Est-ce que vous redémarrez quelque chose ou bien est-ce que vous baissez les bras ? C’est cette réponse qui fera que vous décevrez les autres — et vous-même — ou non. »

Il a également pris le risque de partir « trop tôt » d’un poste enviable chez Apple, mais voici son sentiment a posteriori :

« Je ne savais pas et ne pouvais pas deviner qu’Apple aurait pareil succès. Je ne suis pas le seul dans ce cas —la plupart des membres de la division Macintosh sont partis « trop tôt ». Ceux qui vous disent qu’ils « savaient » qu’Apple deviendrait l’entreprise la plus valorisée au monde sont des baratineurs. Personne ne le savait, pas même Jobs.

Cela dit, si j’étais resté chez Apple, ma vie aurait été moins intéressante. Je n’aurais pas lancé des sociétés ; je ne serais pas devenu capital-risqueur ; je n’aurais pas conseillé des douzaines d’entrepreneurs, parlé à des centaines d’événements, ni écrit quinze livres. »

Il est légitime, et sage, de se demander si c’est le bon moment de changer de voie ou de quitter son emploi. Les pressions extérieures autour de la nécessité de persévérer ne devraient pas venir perturber notre processus de réflexion et il convient de se projeter plutôt sur les opportunités à venir. Enfin, le doute ne devrait même pas avoir sa place, par exemple lorsqu’il s’agit par exemple de se préserver de situations devenues invivables.

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