Libérer l’entreprise en s’inspirant de la nature

Les vacances d’été vous ont peut-être permis d’être davantage en contact avec la nature. C’est une opportunité de se ressourcer, mais aussi de prendre du recul sur la vie en entreprise, voire d’y trouver une source d’inspiration pour retrouver sa raison d’être. Dans son ouvrage « Accompagner le vivant », Louise Browaeys nous incite à nous inspirer du monde vivant pour repenser l’entreprise. Agronome de formation, elle travaille dans le domaine de l’agriculture biologique depuis une dizaine d’années et nous propose de relier la permaculture et la réflexion sur les entreprises libérées.

  • Qu’est-ce que la permaculture ?

Louise Browaeys définit ainsi la permaculture : « C’est aujourd’hui une des formes les plus abouties de l’agronomie (…). La permaculture offre un cadre large, inspiré par la dynamique naturelle des paysages, qui vise à concevoir des systèmes productifs, durables, respectueux des ressources et des limites de la nature, en s’inspirant des principes du vivant ».

  • Comment l’agriculture pourrait-elle inspirer l’organisation du travail ?

Louise Browaeys explique ce lien en s’appuyant sur son expérience au sein d’entreprises dédiées à la vente de produits biologiques : « Il y avait chez certaines une vraie continuitéentre les principes fondateurs de l’agriculture bio (énoncés dès 1972 : écologie, équité, santé, précaution) et les valeurs distillées en interne.

La raison d’être n’était pas simplement une déclaration affichée à l’accueil, mais bien une force vitale et créatrice irriguant au quotidien le travail de chacun. Elle s’incarnait dans une gouvernance partagée et dans des actions concrètes exemplaires, en faveur de la nature et du bien-être social. Actions conçues en concertation avec l’ensemble des partenaires de l’entreprise, au-delà même du cercle trop restreint, mais déjà riche, des salariés et des clients. J’ai été stupéfaite de découvrir des pratiques que je considérais jusque-là comme utopiques : augmentation de salaires par une consultation des pairs, fiches de poste vivantes, redistribution du pouvoir à tous les niveaux, réunions rares, joyeuses et productives, innovations issues du terrain, réactivité exceptionnelle aux demandes des clients, absence de pointeuse, absence d’organigramme, séances de méditation collective. Manuel Brunet, co-dirigeant de l’entreprise Arcadie, raconte : « Aujourd’hui, nous avons relocalisé en France la grande majorité de nos références de tisanes, nous avons investi dans une ferme expérimentale de 10 hectares et relancé une production locale de thym, de romarin, de sarriette et autres plantes de garrigue. Voilà un exemple de ce qu’il peut advenir lorsque l’on choisit de s’aligner sur sa raison d’être.

(…) Cette gouvernance partagée, difficile à mettre en place et souvent révélatrice de tensions cachées, crée peu à peu un cercle vertueux de liberté, de responsabilité, de confiance et d’initiatives. Elle permet d’ouvrir les frontières : les membranes de ces entreprises se font plus poreuses, pour devenir de véritables surfaces d’échanges, comme les cellules vivantes, afin de capter l’énergie et les innovations à la marge. De la même façon que dans un champ,  un agriculture ramène de la bordure, du fossé ou de la haie un nouvelle variété qui l’intéresse, singulière et par définition adaptée à son terroir. »

Louise Borwaeys est lucide est transparente sur les difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises qui veulent libérer leur organisation. Elle fait le parallèle avec la dizaine d’années que nécessite le passage à une agriculture biologique.

Une première étape sur ce chemin pourrait consister à se remémorer et à formuler sa raison d’être, ce serait aussi une opportunité de « rattraper » des collaborateurs désengagés.

Partager :
Tags : Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *