L’ego du dirigeant : où placer le curseur ?

Dans son ouvrage « Le Guide du dirigeant responsable », Frédérique Jeske nous dresse un portrait du dirigeant responsable, capable d’accompagner la transformation de son organisation pour faire face aux défis de notre monde incertain. Elle s’attaque notamment à un sujet qui fait parfois grincer des dents : l’ego du dirigeant. On assimile parfois le leadership à un ego fort, ce que Frédérique Jeske résume en « J’ai le pouvoir, je détiens le savoir, j’impose les actions à mener pour atteindre mes objectifs. » Cette conception du leader n’est plus tenable et nécessite d’être davantage équilibrée. Tout est une question de curseur. Elle cite ainsi Gérard Leseur[1] « L’ego fait partie de nous et c’est un moteur. Bien contrôlé, il nourrit nos ambitions, le dépassement de soi et l’envie de gagner, de devenir meilleur. »

Frédérique Jeske revient sur la nécessaire transformation à mener :

«Il y a encore peu de temps, le dirigeant pratiquait ce qu’on appelle « l’ego-management », c’est-à-dire qu’il était placé en haut de la hiérarchie, du sommet duquel il donnait des ordres aux autres (…). Aujourd’hui, cette dictature de l’ego est devenue un véritable frein à la transformation de l’entreprise et à l’instauration d’une culture de coopération. Laurent Ledoux, pionnier du mouvement des entreprises libérées en Belgique, va même plus loin : « La libération des entreprises revient à se libérer de l’ego des managers. Cela nécessite une transformation personnelle des dirigeants. Il n’est pas possible de mettre en œuvre l’agilité ou le management transversal si les dirigeants n’ont pas au préalable effectué un travail sur eux-mêmes. »

Un projet ne peut plus être porté par l’ego du dirigeant et son ambition personnelle. Il prend sens s’il va au-delà et s’il permet de créer une dynamique collective. Et seul un ego maîtrisé va permettre de mettre le groupe en mouvement, de faire adhérer, fédérer et créer une capacité à réussir ensemble (…).

Nul doute que le rapport à l’ego, quand il est bien dosé, peut ouvrir la voie de l’intelligence collective et de la coopération dans l’entreprise (…). »

Frédérique Jeske va plus loin et partage ces cinq principes pour doser son rapport à l’ego :

  • Ne combattez pas votre ego car cela revient à vous battre contre vous-même ! Le chemin à mener va en fait de votre ego (celui que vous croyez être) à vous, celui ou celle que vous êtes vraiment et profondément. C’est un chemin de vie. Savoir mettre votre ego au service de ce chemin de vie en fera une énergie positive.
  • Cherchez à asseoir l’équilibre entre l’ego et l’humilité: associer la conscience de vos forces et celle de vos faiblesses, apprendre de vos échecs, écouter les autres et accueillir les critiques.
  • Le secret d’un ego maîtrisé, c’est aussi de servir une cause plus grande que soi, une cause à laquelle on adhère à 100 %, un engagement qui dépasse vos intérêts personnels : porter la vision de l’entreprise et le collectif, bien avant votre pouvoir et votre statut.
  • Apprenez à lâcher prise. Des techniques comme la sophrologie ou la méditation sont précieuses pur prendre de la hauteur sur le quotidien et le pouvoir. Revenir à l’instant présent est particulièrement puissant pour apaiser son ego parfois malmené, car cela permet de laisser passer les angoisses, les peurs, de mieux s’accepter, de se libérer et d’ouvrir un espace de sérénité.
  • Cultivez l’optimisme ! si vous avez confiance en vous et si vous faites preuve d’un optimisme de conviction et d’action, vous pousserez à l’énergie collective autour de vous plutôt qu’à l’intérêt individuel. »

Et vous, avez-vous le sentiment que vous savez doser votre ego ? Sur quels autres moteurs pouvez-vous vous appuyer pour mobiliser vos équipes et vous dépasser ? Connaissez-vous un leader à l’ego mesuré qui pourrait vous inspirer dans ce domaine ?

[1] Gérard Leseur, après avoir vendu son entreprise au groupe Veolia, s’attache désormais à développer un nouveau groupe d’entreprises dans le secteur des Travaux Publics.

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