La rivalité féminine au travail

Dans un monde parfait, les femmes se soutiendraient les unes les autres dans leur ascension professionnelle… C’est souvent un des objectifs des réseaux féminins. La réalité est un peu différente et les phénomènes de rivalité, jalousie ou commentaires malveillants ne sont pas rares. On peut le regretter, mais il faut surtout apprendre à s’en préserver voire à en tirer parti ! Dans son guide de coaching destiné aux femmes, « Libre de prendre le pouvoir sur ma carrière », Lucile Quillet analyse ce phénomène et donne des clés pour sortir de ce système négatif.

Dans un premier temps, elle nous invite à revoir nos préjugés sur la jalousie qui peut finalement être une opportunité :

« La jalousie n’est pas toujours une mauvaise chose, du moment qu’elle sert de moteur à votre carrière. La concurrence est ce qui fait avancer les entreprises : elles se comparent, cherchent à être meilleures. Pour bénéficier de cet état d’esprit compétitif, il faut reconnaître en l’autre un rival, c’est-à-dire quelqu’un que vous estimez assez pour vous y mesurer. Le rival sera votre meilleur professeur : il sera le reflet de ce qui vous manque. Alors inspirez-vous de lui et progressez. Il faut avoir une vision rationnelle de votre compétiteur : repérez ses atouts, mais n’idéalisez pas sa vie. C’est toujours quand on en sait le moins sur les autres qu’on imagine toujours le meilleur pour eux (et le pire, en comparaison, pour nous). En réalité, chacun a ses faiblesses et des valises à traîner derrière soi. »

Nous pouvons donc transformer la jalousie en moteur, mais qu’en est-il de la rivalité féminine ?

« Dans son ouvrage « Rivalités féminines au travail [1] », la psychologue Annik Houel affirme que les femmes rejouent dans leur environnement professionnel leurs relations familiales inter-femmes : de cheffe à salariée, on se réfère au rapport mère-fille, entre salariées, aux relations entre sœurs. D’autres facteurs peuvent attirer notre attention :

  • La nécessité de plaire aux hommes dominants: les femmes ont été éduquées à se placer en concurrence les unes avec les autres pour avoir l’attention et l’approbation des hommes. Au travail, il n’est pas rare de croiser des femmes qui adoptent les mêmes codes sexistes et dévalorisent à leur tour les autres femmes pour se rapprocher de ceux qui ont le pouvoir.
  • La rivalité entre personnes minoritaires: aujourd’hui encore, on impose aux femmes un plafond de verre. Le message reste le même : en haut de l’échelle, les places ne sont pas nombreuses, parfois encadrées par des quotas qui restent minimes, les élues sont rares. Alors, avant d’être les concurrentes des hommes, les femmes sont placées en rivalité entre elles en tant que minorité. Habituées à comparer leurs vies personnelles, avec leurs vides et leurs pleins, les femmes jugent d’autant plus sévèrement les stratégies mises en place par les unes et les autres pour sortir du lot.
  • L’amertume des « anciennes »: parce que grimper les échelons était encore plus difficile dans le passé, certaines femmes ressentent de l’amertume de voir de jeunes femmes dans leur sillage évoluer sans connaître les mêmes obstacles. Plutôt que de blâmer le système sexiste qui les discriminait plus durement (et se réjouir qu’il soit moins influent), ce sentiment d’injustice leur fait adopter des comportements d’autant plus sévères envers les nouvelles générations de femmes.

Plutôt que de se comparer, les femmes peuvent voir dans cette position inégale une raison de s’allier pour mieux accéder ensemble à ce qu’elles désirent. De nombreuses associations encouragent à ce rapprochement bienveillant pour que les femmes partagent leurs expériences, s’entraident et se conseillent. »

Et vous, à quelle femme de votre entourage professionnel pouvez-vous donner un petit coup de pouce cette semaine ? Rédiger une recommandation, mettre en relation, mentionner une contribution, apporter un feedback constructif, sont autant d’actions qui prennent peu de temps mais apportent un réel bénéfice. A vous de mener un premier petit pas !

 

 

 

 

 

[1] Annik Houel, Rivalités féminines au travail, Odile Jacob, 2014.

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