Tirer parti des surprises, bonnes ou mauvaises

Plus qu’une surprise, le Covid-19 a créé un véritable choc. Les menaces de pandémie étaient jusqu’à présent considérées comme des scénarios hollywoodiens et non comme une réalité à prendre en compte dans son plan de contingences. Pour autant, au fil des semaines, de bonnes surprises se révèlent. Ce sont par exemples des sites de production de textile ou de parfums qui se sont rapidement reconvertis en producteurs de masques ou lotions hydro-alcooliques. Il serait vain de chercher à prévoir et préparer toutes les crises susceptibles de nous arriver, d’autant plus qu’elles ont parfois tendance, comme à Fukushima, à survenir groupées ! En revanche, les organisations et les individus peuvent travailler sur leurs modèles mentaux. C’est ce que recommandent Philippe Silberzahn et Béatrice Rousset dans leur ouvrage « Stratégie modèle mental ». Ils y analysent 5  modèles mentaux, dont l’un nous est plus particulièrement utile en ce moment :

« Le modèle n°4 « Tirer parti des surprises » s’attaque au modèle mental « Il faut savoir avant d’agir pour éviter les surprises ». Il semble naturel pour une organisation d’essayer d’éviter les surprises. Elle met beaucoup d’énergie pour fixer des objectifs, des plans des budgets et  il s’agit bien sûr de s’assurer que tout se déroule comme prévu. Si ce n’est pas le cas, c’est considéré comme un problème. L’idée principale est celle de la protection. En pratiquant le modèle n°4, c’est-à-dire en considérant la surprise comme une occasion d’apprentissage, on peut s’extraire de la certitude « Une surprise est une mauvaise chose » et ouvrir le champ de l’exploration. Bien sûr, il faut continuer à être organisé, mais en même temps, on peut profiter des surprises pour obtenir des informations sur la réalité, c’est-à-dire apprendre. Entre contrôle illusoire ou résignation, une nouvelle voie se dessine : agir sur la réalité telle qu’elle se présente. L’énergie n’est plus dépensée à anticiper des événements qui ne se produiront peut-être pas et se remettre d’événements imprévus. Elle est utilisée pour tirer parti de l’imprévu. Tirer parti des surprises signifie rester sensible à la réalité dans ce qu’elle a d’inattendu. La surprise est une source de nouveauté, une source de mouvement et une source d’énergie. »

Savoir tirer parti des surprises est également riche au niveau de l’individu. Lorsque nous nous y entraînons (car, non, ça n’est pas naturel !), nous :

  • « Quittons notre mode de protection, qui dans ses excès, génère une fermeture nous coupant de nos ressources ;
  • Accédons à un mode d’exploration ;
  • Passons de la sécurité (largement illusoire) à la curiosité ;
  • Quittons le plan désincarné et la peur pour être dans l’instant, la réalité, la vie.»

Nous avons tous été surpris, tant au niveau de l’individu qu’à celui de l’organisation. Comment pouvons-nous, une fois l’effet de sidération passé, faire évoluer notre modèle mental et tirer parti de l’imprévu ? Comment pouvez-vous adapter votre activité, votre style de management le contenu de votre poste pour faire face à cette crise et en tirer du positif ?

 

Partager :
Tags : Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *