Cadres dirigeants, soignez votre premier cercle !

Bien qu’entourés de collaborateurs, les cadres dirigeants se sentent parfois bien seuls et souffrent de ne pas pouvoir partager leurs questionnements, des prises de décisions difficiles ou juste des tracas du quotidien. Ce sentiment de solitude est encore plus fort en période de crise. C’est pourquoi Frédérique Jeske recommande, dans son « Guide du dirigeant responsable » de se constituer un premier cercle de pairs, tant au sein de son organisation qu’au dehors. Elle en dégage les bienfaits et les modalités ici :

« Construire et faire vivre son premier cercle

Selon une étude de BPI France, 48 % des dirigeants de PME et ETI se disent isolés. La proportion passe à 42 % pour ceux qui ont mis en place un comité de direction et à 31 % si ce codir fonctionne bien (étude BPI France, Vaincre les solitudes du dirigeant, 2016).

Ne pensez pas que le comité de direction n’est fait que pour les très grandes entreprises. On est toujours plus intelligents à plusieurs ! Grâce au comité de direction, vous pouvez :

  • Créer un « collectif responsable » qui va contribuer au pilotage de l’entreprise ;
  • Préparer la prise de décision en collégialité, questionner et écouter le collectif, ne plus rester seul face à l’évaluation des options ;
  • Alléger la pression qui pèse sur vos épaules ;
  • Optimiser la circulation de l’information et accélérer les circuits internes ;
  • Déléguer et faire confiance, en acceptant de partager le pouvoir ;
  • Dégager du temps pour sortir de l’entreprise et se mettre en lien avec l’extérieur (prendre de la hauteur, s’enrichir des rencontres, partager avec ses pairs).

La réussite dépendra aussi de votre capacité à déléguer et partager le pouvoir dans l’entreprise. Avoir la capacité à mettre la décision en dialogue en amont permet de réduire la solitude du dirigeant décidant seul. Pour cela, le recrutement de collaborateurs de bon niveau, à qui vous pouvez déléguer en confiance est fondamental.

Christian Barqui (créateur et dirigeant de nombreuses entreprises comme Bonduelle, Florette,…) avait mis en place une organisation à deux têtes permettant de mieux supporter le pression de la prise de décision dans son entreprise :

«Une décision prise seul peut être une mauvaise décision. Moi, j’ai contourné cela en mettant en place dans l’entreprise que j’ai créée une codirection générale. J’étais majoritaire, mais j’avais la fonction de codirecteur général, avec un autre associé, et nous prenions les décisions clés à deux. Cela permettait des débats importants. On devait toujours être d’accord sur la décision finale. Dans le cas contraire, nous faisions intervenir un ou plusieurs tiers, choisis pour leurs compétences en fonction de la problématique. »

Cultiver le lien social

Il est impératif de vous ouvrir à votre environnement, à votre écosystème et au partage avec vos pairs. Cette ouverture est bénéfique sur plusieurs plans :

  • Entendre que les autres vivent les mêmes difficultés, partagent les mêmes interrogations et doutes est sécurisant : « Je ne suis pas seul. »
  • Se nourrir et s’enrichir des autres, se confronter à ses pairs, s’entraider.
  • Se former et enrichir ses connaissances…et son carnet d’adresses.
  • Prendre de la hauteur, réfléchir, respirer, mieux comprendre le monde.
  • Observer les marchés pour détecter les signaux faibles et être proactif dans l’évolution des offres.

Groupes de pairs, clubs de dirigeants, réseaux patronaux, fédérations professionnelles et réseaux d’accompagnement d’entrepreneurs, cercles d’affaires, think tanks, cercles d’anciens élèves, clubs de femmes dirigeantes, réseaux militants et lobbys… Il existe en France plus de 10 000 structures d’accueil, de soutien et de formation des dirigeants ! Nul doute que l’une d’entre elles peut répondre à votre besoin spécifique. Il ne s’agit pas de s’engager partout, mais de sélectionner l’organisation qui vous convienne. »

Briser la solitude du dirigeant nécessite de faire des efforts mais vous pouvez procéder par petites étapes successives. Vous pouvez commencer par constituer un codir, s’il n’existe pas déjà, ou vous assurer que votre actuel codir fonctionne aussi bien que possible. Joue-t-il  pleinement son rôle d’espace de réflexion stratégique et de prise de décisions ? Faut-il en ajuster la composition ou travailler sur la dynamique de l’équipe ? Allez également chercher en dehors de votre organisation. Testez différentes associations lors d’événements ouverts aux non adhérents et faites votre choix. Investissez-vous un minimum pour en tirer tous les bénéfices. Se contenter d’assister à une soirée par mois ne vous sera pas d’un grand apport, préférez prendre un rôle actif après une phase d’observation. Cela vous permettra d’être en relation avec davantage de personnes et de créer plus d’opportunités.

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