Demandez plus souvent : « Que veux-tu ? »

Que ce soit dans notre environnement professionnel ou dans notre vie personnelle, nous avons souvent tendance à vouloir aider nos collaborateurs, nos proches ou une connaissance.  Michael Bungay Stanier nous met en garde contre cette tentation, louable en apparence, dans son ouvrage « 10 minutes pour coacher ses collaborateurs ». Bien sûr apporter son aide est un réflexe positif, mais parfois notre intervention complique la situation malgré nous ! Il relève notamment deux inconvénients majeurs : parfois notre aide est inappropriée car nous n’avons pas correctement cerné le besoin. Il arrive aussi que notre aide rende la personne dépendante d’autrui et ne lui permette pas d’apprendre à petit à petit gérer seule ces situations difficiles : le manager qui préfère faire à la place de son collaborateur pour aller plus vite, cela vous rappelle peut-être quelque chose ? Pour sortir de cette impasse Michael Bungay Stanier nous propose d’utiliser davantage une question très simple « Que veux-tu ? ». Il s’en explique ainsi :

« La question de fond : « Que veux-tu ? »

Je l’appelle la « question poisson rouge », parce qu’elle suscite parfois cette réaction : des yeux légèrement exorbités, la bouche s’ouvre et se ferme sans émettre un seul son. Voici pourquoi il est si difficile de répondre à cette question.

Bien souvent, nous ne savons pas ce que nous voulons. Même si nous avons une première réponse immédiate, la question « Mais qu’est-ce que tu veux vraiment ? » suffit à nous bloquer.

Même si vous savez ce que vous voulez, ce que vous voulez vraiment, il est souvent difficile de le demander. Nous trouvons plein de raisons pour ne pas le faire : ce ne serait pas convenable de réclamer ; ce n’est pas le bon moment ; mon interlocuteur ne pourra que dire non ou « Qui es-tu pour oser m’adresser une telle demande ? » Nous taisons souvent ce que nous voulons vraiment. Même si vous savez ce que vous voulez et que vous avez le courage de le demander, il est souvent difficile de le dire de façon claire et compréhensible. La responsabilité vous appartient. Vous avez trouvé diverses façons d’enrober ce que vous voulez de multiples couches de rhétorique ; vous vous êtes laissé détourner de ce que vous voulez vraiment par différentes aspirations moins importantes ; vous avez cru laisser des indices suffisamment évidents ou vous avez supposé que telle remarque sur un ton légèrement passif-agressif suffirait.

Parfois, la responsabilité de demandes qui n’ont pas été entendues repose du côté de votre interlocuteur. Il a sa propre feuille de route, ou ses biais de confirmation lui ont fait entendre quelque chose de complètement différent de ce que vous avez dit, ou il a fait semblant d’écouter mais n’y a pas du tout prêté attention.

Et même si vous savez ce que vous voulez, que vous demandez ce que vous voulez, que votre requête semble avoir été entendue, il est souvent pénible d’entendre la réponse, qui peut être « oui », mais sûrement plutôt un « non ». Ou « peut-être ». Ou « pas ça, mais plutôt ça ». Et quand vous êtes l’interlocuteur, lorsqu’une personne vous fait une demande, qu’elle vous dit ce qu’elle veut, il peut être difficile de comprendre que vous n’avez pas forcément à dire « oui ». Vous pouvez dire « non ». Ou « peut-être ». Ou « pas ça, mais plutôt ça ».

La question « Que veux-tu ?» est une question simple en apparence mais qui oblige à clarifier et formuler sa demande. C’est souvent un premier pas vers la résolution du problème. N’hésitez pas à l’utiliser plus souvent, voire à la répéter tant que la réponse ne vous semble pas claire. Rien ne vous empêche de l’utiliser avec vous-même, ça marche aussi !

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