Créer au milieu du chaos

Vous avez peut-être déjà ressenti, et encore plus en ce moment, le sentiment que ce n’est pas le bon moment pour créer,  pour se lancer dans un nouveau projet ou encore pour changer sa façon de faire. Vous vous dites que vous verrez une fois que ce sera plus calme. Outre le fait que les phases plateau et les périodes de calme se font de plus en plus rares et sont plutôt signes de fin, vous risquez de passer à côté d’opportunités. Leigh Michaels a publié plus de 80 romans à l’eau de rose et déclaré « qu’attendre l’inspiration pour écrire équivaut à attendre un train dans un aéroport ».

Donc, ne perdez pas votre temps à attendre une accalmie qui n’arrivera pas. Non, vous n’aurez jamais de conditions idéales pour vous lancer ! Dans l’ouvrage collectif « S’organiser au quotidien », Erin Rooney Doland  nous incite plutôt à « apprendre à créer dans le chaos«  :

« La plupart des créatifs célèbres n’ont pas de mécènes fortunés qui subviennent à leurs besoins essentiels au-delà de leurs besoins artistiques. Les musiciens ont des emplois parallèles, les poètes sont professeurs et les cinéastes vivent en tournant des publicités.

Que nous le voulions ou non, nous sommes constamment obligés de jongler entre différentes fonctions et de lutter contre les distractions indésirables pour pouvoir nous consacrer à nos projets. Nous devons apprendre à créer au milieu du chaos.

La distraction positive

Les distractions négatives qui interfèrent avec le travail créatif peuvent prendre de nombreuses formes : la télévision, une corvée non encore accomplie, les réseaux sociaux, le courrier électroniques, les collègues de travail désireux de bavarder, l’anxiété, le doute de soi. Se soustraire à cette ingérence est théoriquement possible – la colonie d’artistes Yaddo a servi de retraite à des centaines d’artistes dans un environnement privé de toute distraction – mais demeure utopique pour la plupart des gens. D’autant qu’abandonner ses responsabilités dans le cadre privé et professionnel en s’installant dans une résidence d’artiste est souvent irréaliste et potentiellement irresponsable. Et que selon une vérité déstabilisante, le temps – s’il s’étire – et le silence risquent d’augmenter les angoisses et le doute de soi.

Des chercheurs de l’université de Stanford ont découvert dans les années 1970 que l’un des meilleures moyens de lutter contre les distractions négatives consiste tout simplement à adopter des distractions positives.

Dans l’étude de Stanford, des enfants ont la possibilité de manger une guimauve immédiatement ou d’attendre quelques minutes et de recevoir deux guimauves. Les enfants qui sont parvenus à différer leur envie ont eu recours à des techniques de distractions positives. Certains ont chanté ; d’autres ont donné des coups de pied dans leur table ; ils ont simplement fait ce qu’ils avaient besoin de faire pour se concentrer sur autre chose que les guimauves.

Il existe de nombreuses façons d’utiliser des techniques de distractions positives pour résister à des tentations plus conséquentes que de simples guimauves. Mettre un minuteur et se lancer dans une course contre la montre pour terminer sa tâche. Associer des récompenses sans aucun lien avec ses réalisations – comme aller boire un verre dans la salle de repos ou se connecter aux réseaux sociaux pendant trois minutes à chaque étape franchie. Noter chaque pensée envahissante et négative et programmer ultérieurement dans la journée une session de dix minutes pour se concentrer sur ces questions. »

Les distractions peuvent être vos alliées si elles sont choisies et positives ! Faites-vous un plan de récompenses pour soutenir votre concentration et continuer à avancer sur ce projet créatif, même lorsque tout vous incite à faire autre chose !

Vos pouvez retrouver un extrait vidéo des stratégies mises en oeuvre (ou pas !) par les enfants confrontés au test de la guimauve !

 

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